Recherche de l'information interne
Par Frédéric Meunier le mercredi 22 novembre 2006, 13:10 - Veille économique - Lien permanent
Chacun s'accorde à dire que l'information remontée par les collaborateurs
est d'une grande valeur et que son exploitation consiste en l'un des enjeux
majeurs de l'intelligence économique.
Nous nous proposons, dans un premier temps, d'aborder la problématique de
l'exploitation de l'information interne par son point de départ :
la recherche de l'information interne.
OBJECTIFS DE CE DOCUMENT
Nous avons vu dans un précédent document (cf. Veille économique sur Internet) que l’on pouvait classifier
l’information « ouverte ». Nous allons ici nous attacher à une partie de
l’information dite fermée : l’information interne.
Nous donnons dans ce document une classification de l’information fermée, puis
nous nous focaliserons sur l’information interne. Nous décrirons quels sont les
enjeux pour une organisation à faire circuler l’information interne, puis les
difficultés généralement rencontrées. Ensuite, nous montrerons quelles sont les
bonnes pratiques à mettre en œuvre pour favoriser la circulation de
l’information interne et les outils qui peuvent accompagner ces bonnes
pratiques.
Enfin, nous montrerons ce que Watch System Assistance peut apporter à votre
projet d’Intelligence économique.
LE CONTEXTE
VEILLE ET INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE
L’intelligence économique reste, pour nombre d’entre nous, une expression
bien mystérieuse, parfois fourre-tout, comme le fut à une époque récente le
knowledge management. Nous reprenons la proposition d’Henri Martre (patron de
l’Aérospatiale, du GIFAS, Commissariat général au Plan…) qui définit
l’intelligence économique « […] comme l’ensemble des actions
coordonnées de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son
exploitation, de l’information utile aux acteurs économiques. Ces diverses
actions sont menées légalement avec toutes les garanties de protection
nécessaires à la préservation du patrimoine de l’entreprise, dans les
meilleures conditions de délais et de coûts. L’information utile est celle dont
on a besoin […] », elle-même reprise, en d’autre termes, par
plusieurs : la bonne information, à la bonne personne, au bon moment pour
prendre la bonne décision.
Ainsi dans la chaîne de prise de décision, on trouve la « recherche
[…] de l’information utile », le « traitement […] de
l’information utile », la « distribution […] de l’information
utile » et l’« exploitation[,] de l’information utile
». De manière générale et plus ou moins consensuelle, on attribue les tâches de
recherche, traitement et diffusion aux veilleurs, et, la tâche d’exploitation
aux analystes. La prise de décision revenant aux… décideurs.
Nous adoptons également cette vue, certes simplifiée, d’une organisation
mettant en œuvre des processus d’intelligence économique :
- les veilleurs alimentent les analystes d’information utile ;
- les analystes exploitent l’information utile pour proposer des scénarios aux décideurs ;
- les décideurs décident sur la base des scénarios proposés par les analystes, complétés par leur propre connaissance du contexte.
VEILLE ÉCONOMIQUE ET INFORMATION INTERNE
Nous montrons dans le document Veille économique sur Internet, que l’information se
distingue en information ouverte (accessible à tous, payante ou non) et
information fermée (restreinte à un certain nombre de consommateurs, identifiés
ou non).
De même, l’information utile peut se distinguer en information utile ouverte et
information utile fermée. Il arrive parfois que l’information utile fermée soit
détenue par un ou plusieurs collaborateurs de l’organisation ; on parle
alors d’information interne. Il existe également de l’information inutile
détenue par un ou plusieurs collaborateurs. Celle-ci ne présentant que peu
d’intérêt, dans la suite de ce document nous entendrons par information
interne, l’information interne utile.
De nombreuses organisations restent persuadées qu’une grande partie de
l’information utile fermée est disponible en interne, et que cette information
a beaucoup plus de valeur que l’information utile ouverte. Cependant, ces
organisations rencontrent bien trop souvent des difficultés à exploiter cette
information à haute valeur ajoutée qu’est l’information interne.
EXPLOITER L’INFORMATION INTERNE
En fait, il semble que l’information interne soit difficile à exploiter pour
la simple raison qu’elle n’est pas rendue disponible aux personnes en charge de
cette exploitation. Le principal verrou à l’exploitation de l’information
interne serait donc son indisponibilité.
C’est pourquoi à la fin des années 90 et au début de ce millénaire, ont
bourgeonné quantité de projets de knowledge management, dont l’une des
principales missions était de partager la connaissance (le savoir, le
savoir-faire, le faire savoir, etc.). Pourquoi, seuls quelques projets ont
réellement donné satisfaction ? De manière un peu cynique on peut répondre
que l’on a mis la charrue avant les bœufs : on parlait de connaissance
alors qu’on n’avait pas l’information…
Prenons le temps de relire la proposition de définition d’Henry Martre. Avant
de parler d’exploitation, il est question de recherche, de traitement et de
distribution de l’information utile. Si l’une des ces tâches n’est pas faite
correctement, il y a peu de chance que l’exploitation le soit. Posons-nous
alors les questions dans le bon ordre :
- comment rechercher l’information interne ?
- comment traiter l’information interne ?
- comment distribuer l’information interne ?
Nous nous focaliserons dans ce document sur la première étape. Certes nos préoccupations ne sont pas suffisantes à mener une exploitation optimale de l’information interne, mais il est clair qu’elle est nécessaire, et d’autant plus nécessaire qu’elle est la première étape de ce processus d’exploitation.
RECHERCHER L’INFORMATION INTERNE
TIRER L’INFORMATION INTERNE
Une méthode de recherche de l’information interne pourrait consister à
contacter un expert lorsqu’il s’agit d’une question technique, un responsable
de zone lorsqu’il s’agit d’une question territoriale, un responsable marketing
lorsqu’il s’agit d’une question de comportement d’achat, etc. Cette méthode,
d’une part, pose le problème de l’identification et de la distribution du
profil de chaque collaborateur (qui est l’expert ?) et, d’autre part, consomme
beaucoup de temps (l’expert n’est pas disponible, le recontacter
ultérieurement).
PARTAGER L’INFORMATION INTERNE
Avec l’arrivée des nouvelles technologies de l’information, une solution
semble avoir été adoptée par tous : partager l’information interne. Il
faut toutefois distinguer le partage de l’information collective (détenue par
toute l’organisation, une filiale, un département), du partage de l’information
individuelle (détenue par un seul ou une poignée de collaborateurs isolés). Par
exemple, l’intranet d’une organisation est un bon lieu de partage de
l’information collective. Il est souvent doté d’un moteur de recherche qui
permet à chacun de trouver, tout du moins rechercher, de l’information interne
collective.
Quant au partage de l’information individuelle, cela est plus difficile, et
pour plusieurs raisons :
- les contributeurs ont peur d’être jugés de manière négative par leurs pairs ou leur hiérarchie ;
- les contributeurs sont convaincus que détenir l’information c’est se rendre indispensable à l’organisation, la partager serait trop risqué ;
- les contributeurs partagent de l’information finalement inutile.
FAVORISER LE PARTAGE DE L’INFORMATION INTERNE
CONDUIRE AU CHANGEMENT…
L’enjeu est donc d’engager les collaborateurs à partager de l’information
utile, sans redouter d’être jugé, rejeté ou exploité par l’organisation. Pour
cela, des méthodologies de communication interne, de valorisation des individus
dans l’organisation et de mesure de la circulation de l’information interne
existent.
…DANS UN ENVIRONNEMENT FLUIDE
Cependant, ces méthodologies, les plus au point soient-elles, peuvent se
heurter à plusieurs blocages :
- blocage technique : le système de partage de l’information individuelle est trop complexe à utiliser, trop riche fonctionnellement, trop lent, etc. ;
- blocage financier : le système de partage de l’information individuelle est facturé par nombre d’utilisateurs référencés.
LE BLOG
PRINCIPES DIRECTEURS DU BLOG
Le blog s’inspire largement des forums et des « news group » : il
s’agit d’un ensemble de billets auxquels ont peut adjoindre un ou plusieurs
commentaires. Chaque billet peut être classé dans une catégorie. Chaque billet
ou commentaire peut recevoir un ou plusieurs tags (mot clé).
Également, les blogs disposent d’un outil original et novateur : le
« retrolien ». Par exemple, si la lecture d’un billet incite un
contributeur à publier un nouveau billet, il peut ajouter un
« retrolien » sur le billet d’origine même s’il n’en est pas
l’auteur. Les consommateurs du billet original pourront voir « la
discussion continue ailleurs », et, consulter le nouveau billet. Un billet peut
être « retrolié » à un ou plusieurs autres billets.
Un blog peut être plus ou moins ouvert :
- un ou plusieurs contributeurs peuvent créer des catégories ;
- un ou plusieurs contributeurs peuvent ajouter un billet à une catégorie ;
- zéro, un ou plusieurs contributeurs peuvent ajouter un commentaire à un billet ;
- zéro, un ou plusieurs contributeurs peuvent ajouter un retrolien à un billet.
LES POINTS FORTS DU BLOG
CONTRIBUTION FACILITÉE
Le point fort du blog est qu’il a été démocratisé par l’Internet (on parle de
Web 2.0). En effet, s’il est difficile de créer un site Web, il est
« enfantin » de créer un blog. Ainsi, parle-t-on aujourd’hui de
blogosphère, dont la population couvre toute la pyramide d’âge, toutes les
catégories socioprofessionnelles et tous les domaines.
Par ailleurs, le blog peut être vu comme un standard éditorial : on
retrouve quasiment toujours les notions de billets, commentaires, catégories,
tags et retroliens. Ainsi, quand on sait utiliser un blog, on sait les utiliser
tous. Enfin, certains blog offrent la publication en « wiki » (HTML
réduit à sa plus simple et intelligible expression) avec des outils graphiques
(comme les boutons de la barre d’outils de Microsoft Word).
CONTRIBUTION MAÎTRISÉE
Un utilisateur particulier peut être choisi pour relire les contributions avant
leur publication dans le blog ; il s’agit du modérateur.
RECHERCHE ACCOMPAGNÉE
Lors de la recherche dans un blog, on peut coupler recherche en texte intégral,
par navigation dans une catégorie ou par croisement de mots clé, ou tout cela
en même temps (dépend du moteur de blog utilisé).
MODULARITÉ
On peut mettre en coexistence plusieurs blogs et les rendre accessibles
simultanément lors d’une recherche, grâce par exemple au « ping »
utilisé par la blogosphère pour être indexée, entre autres, par
GoogleBlog.
TRAÇABILITÉ ET « CONFIDENTIALITÉ »
Chaque contribution, catégorie, billet, commentaire ou tag, est identifiable
par son auteur. Chaque billet peut être rendu invisible à tous ou à certains
(protection par mot de passe).
BLOG ET PARTAGE DE L’INFORMATION INTERNE
PLUS DE VERROUS ERGONOMIQUE
Du fait de sa démocratisation par le Web 2.0, le blog est un bon candidat pour
être l’outil de partage de l’information interne. Les collaborateurs ne seront
pas bloqués par les aspects techniques, voire ils auront, surtout parmi les
plus jeunes collaborateurs, une attitude naturelle et motrice face à cet
outil.
PARTAGE VS CIRCULATION DE L’INFORMATION INTERNE
Chaque collaborateur peut ainsi mettre en ligne un rapport d’étonnement ou
poser une question à l’organisation. Les autres collaborateurs pourront alors
réagir ou répondre à la question. On ne parle plus alors de partage de
l’information interne, mais plutôt de circulation de l’information en
interne.
SÉCURITÉ
Si le blog a pour vocation d’être visible à tous, il est toutefois possible de
mettre en œuvre une gestion de la confidentialité minimale afin de se prémunir
des fuites vers l’extérieur. En effet, l’information interne fait partie du
patrimoine de l’organisation, il est donc primordiale d’élaborer un plan de
gestion de la confidentialité ainsi qu’une charte d’utilisation de l’outil que
chaque collaborateur aura le devoir d’en connaître.
MÉTRIQUES
Si le blog obtient une forte audience, ou une productivité importante, i.e. une
circulation dense, on pourra alors lui adjoindre un modérateur. Inversement, on
pourra désigner un animateur qui pourra publier des notes invitant à la
réaction en cas de baisse de régime du blog.
AJUSTER LA CIRCULATION DE L’INFORMATION INTERNE
MESURER LA PRODUCTION ET LA CONSOMMATION
Il est facile de mesurer la quantité de contributions des collaborateurs et
de produire une analyse quantitative détaillée dès lors que le blog utilise
l’annuaire de l’entreprise. En effet, on pourra alors obtenir des rapports
réguliers (hebdomadaires ou mensuels) montrant quels sont les personnes,
départements, unités, zones géographiques ou filiales qui contribuent le plus,
qui consomment le plus ou qui répondent le plus.
Également, il est possible de mesurer l’audience du blog selon, les auteurs,
leur département, etc. On peut également mesurer le taux de transformation
entre une consommation d’un billet et la publication d’un commentaire sur ce
billet.
Ces indicateurs permettront à l’organisation de réorienter sa politique de
communication interne de manière pertinente. Par exemple, ils mettront en
évidence la part de l’information interne qui doit finalement être considérée
comme de l’information collective, et, qui nécessite éventuellement un autre
outil de partage (un intranet, par exemple). Également, ils permettront
d’identifier des communautés d’experts, qui pourront être mise en valeur à
l’aide d’un arbre de compétence de l’organisation.
IDENTIFIER LES PROFILS DES COLLABORATEURS
Chaque contribution ou consommation peut également enrichir un corpus
personnel sur lequel une analyse sémantique automatisée mettra à jour le profil
du collaborateur. Ce profil, sémantique, peut être utilisé soit pour la
recherche d’experts dans l’organisation, soit pour le push automatisé
d’information.
MOTIVER LES COLLABORATEURS
Il est certes possible de motiver les collaborateurs en mesurant leur nombre
de contributions spontanées ou sollicitées par un autre collaborateur, le
nombre de consommateurs de leurs contributions, etc. Il est également possible,
et plus efficace, d’impliquer les collaborateurs dans le projet en leur
proposant par exemple des « focus groups », de les nommer, temporairement
et à tour de rôle, modérateurs de l’outil de circulation de l’information
interne.
NOTRE APPORT DANS VOTRE PROJET
Nous avons vu ici que l’exploitation de l’information utile fermée peut
commencer par l’exploitation de l’information interne. Cette exploitation n’est
possible que si l’organisation se dote d’un outil efficace de recherche de
l’information interne. Nous avons montré que le partage et la circulation de
l’information interne améliore l’efficacité de la recherche.
EN DIRECT
Nous vous accompagnons dans la mise en œuvre et le déploiement sur
l’intranet d’un serveur de blog :
- paramétrage initial (catégories, tags, billets pré-publiés) ;
- intégration au système d’information (annuaire entreprise, confidentialité) ;
- intégration d’un outil de reporting (choix des métriques) ;
- formation à l’utilisation ;
- animation de groupes d’utilisateurs (groupes de parole).
AVEC NOS PARTENAIRES
La mise en place d’un outil de partage et de circulation interne nécessite
au préalable d’établir un plan de communication interne et de motivation des
collaborateurs. Nous vous accompagnons, avec nos partenaires, depuis le
diagnostic initial jusqu’à l’évaluation en passant par la mise en œuvre d’un
outil de partage de l’information interne :
- diagnostic/audit initial ;
- design et conception du dispositif (organisation+charte d’utilisation+outil) ;
- mise en œuvre de l’outil ;
- sensibilisation à la protection du patrimoine de l’organisation ;
- reporting sur la pertinence du dispositif ;
- suivi et réajustement du dispositif.